Buissons de roses © IStock, ChrisAt.

« Il faut cultiver notre jardin », édition printanière

Demain, c’est le printemps et son joyeux cortège de promesses. L’heure est venue pour le jardinier de retrousser ses manches : de nombreux travaux l’attendent maintenant que les gelées sont passées.

Le temps reste encore un peu capricieux, il faut donc s’empresser de saisir chaque beau jour pour filer dans le jardin. Avant toute chose, l’on désherbe et l’on bine massifs, plates-bandes et corbeilles. La terre de bruyère fera grand bien aux rhododendrons et aux azalées. Ce qui a été chahuté par les vents d’hiver est à redresser : les rosiers grimpants, les glycines, les clématites et les arceaux. Toutes les inflorescences doivent disparaître, des têtes grillées des hydrangeas aux hampes sèches des hémérocalles, sans oublier les grands phlox, les asters… Idem pour les bois morts des rosiers, des seringas et des autres.

Qui dit mars, dit taille des rosiers pour les garder joliment trapus et généreux en fleurs. Toutes les variétés sont concernées : arbustifs, remontants, couvre-sol et pleureurs. La règle d’or consiste en une coupe nette garantie par un sécateur bien aiguisé ne blessant pas la plante. Couper légèrement au-dessus du troisième œil, toujours vers l’extérieur pour ne pas risquer de mouiller le bourgeon à venir. Les buissons aiment être taillés de telle sorte que la lumière les traverse, permettant ainsi à l’air de circuler, décourageant surtout les redoutables champignons parasites que sont l’oïdium et le marsonia.


En écoutant siffler le merle amoureux, l’on transplante et l’on plante, non pas des choux à la mode de chez nous, mais toutes les vaillantes grimpeuses. Contre un élégant treillage, l’on creuse des petits trous réguliers pour semer en poquet quelques graines de pois de senteur, de capucines ou d’ipomées. Le semis en ligne, que l’on viendra éclaircir dans un deuxième temps, est tout indiqué pour les pieds-d’alouette et les cosmos. C’est aussi le moment de semer au tamis, en pleine terre, toutes les fines graines, telles que les œillets, cosmos et coquelicots. Le temps d’une pause, l’on savoure les giroflées ravenelles en fleur qui attrapent le nez par leur parfum sucré. L’on peut aussi admirer le ballet des abeilles et des bourdons patauds qui vont et viennent pour cueillir les pollens de crocus, de violettes, de pâquerettes, de ficaires et autres précoces. Il est temps de sortir de leurs cagettes hivernales pour les remettre en terre les tubercules de dahlias, les oignons de glaïeuls et les nouveaux rhizomes d’iris – l’on multipliera les anciens en août. Les agapanthes en pot retrouvent aussi leur place au jardin, c’est encore un peu tôt pour les géraniums et les hibiscus qui redoutent le gel.

Sur les marchés ou dans les jardineries, le jardinier part à la chasse pour mettre la main sur les premiers trésors à fleurs : reine-marguerite, gaillardes, coréopsis, belles-de-nuit, pétunias, impatiens…

Vive le printemps !

Gabrielle de Montmorin