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L'ancien yacht de la Coupe de l'America, Canada 2 © iStock, Michael Turner

Les ailes du vent

Demain débute à Auckland, en Nouvelle-Zélande, la dernière phase de la 36e Coupe de l’America, le plus vieux trophée sportif au monde, plus connu sous le nom d’America’s Cup. Nul besoin d’être un loup de mer, ni de savoir ce que signifie une abattée, pour profiter du spectacle fascinant qu’offre la dernière génération de bateaux en lice. Soit des monocoques qui volent au-dessus des flots.

Pour évoquer la genèse de la course, il faut remonter à l’Exposition universelle qui se tient à Londres en 1851. En l’honneur de l’événement est organisée autour de l’île de Wight, au mois d’août, une régate opposant quatorze bateaux britanniques et une goélette américaine, construite pour l’occasion. La reine Victoria et son mari, le prince Albert, suivent les participants depuis le Victoria and Albert, le premier yacht à vapeur de la Couronne. L’équipage américain remporte la course de quelques minutes, recevant l’aiguière en argent fabriquée par l’illustre joaillier londonien Garrad. Le bateau vainqueur s’appelant America, les membres du New York Yacht Club donnent son nom au trophée, puis à une course internationale dont la première édition sera disputée en août 1870.

Outre le fait d’être l’une des plus anciennes compétitions nautiques au monde, l’America’s Cup offre un formidable terrain d’expression aux ingénieurs et architectes navals, parmi lesquels excellent de nombreux Français. Combinant puissance et technologie, les nouveaux monocoques AC75 qui s’affrontent cette année sont dotés d’appendices latéraux élevant la coque au-dessus de l’eau. Ces foils, ou ailes permettent d’augmenter la vitesse de 20 %, faisant littéralement s’envoler le bateau. Plus le vent forcit, plus ces appendices portent, allégeant le voilier qui peut filer à 30 nœuds.

On l’aura compris, l’extrême rapidité de ces nouveaux bateaux complexifie leurs manœuvres. Celles-ci étant calculées au millimètre et à la seconde près par une équipe d’analystes à terre disséquant moult informations obtenues grâce aux nouvelles technologies. À commencer par les conditions de vent, stable ou fluctuant. Une mauvaise décision peut s’avérer tragique. Une grand-voile trop bordée suffit à entraîner une succession de dysfonctionnements générant une instabilité qui conduit au chavirage. L’équipage de Terry Hutchinson en a fait la douloureuse expérience lors des épreuves éliminatoires, en janvier dernier. Pris dans un grain qui a tourné, le bateau américain s’est cabré, avant de se coucher sur le flanc bâbord et de commencer à couler.

Secoués par l’accident, les challengers n’en ont pas moins continué de s’affronter pour les sept points conduisant à la bataille finale. Celle consistant à se mesurer au vainqueur de la précédente édition, en 2017, le Defender, dont le pays accueille la compétition. L’ultime combat verra donc s’affronter Te aihe, l’AC75 des Néo-Zélandais et le bateau italien Luna Rossa barré par James Spithill.

Que le meilleur gagne !

Gabrielle de Montmorin