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Épisode des journées de septembre 1830, Gustave Wappers (1834)

La représentation de « La Muette de Portici » : 25 août 1830


Depuis l’été 1830, l’Europe est en proie à plusieurs soulèvements « libéraux », dont le renversement de Charles X et son remplacement par Louis-Philippe, roi constitutionnel, est un des plus éclatants symboles.


Aujourd’hui oublié, l’opéra d’Aubert écrit par Scribe et Delavigne, « La Muette de Portici », narre la résistance du peuple napolitain face à la monarchie espagnole au XVIIe siècle. Il est alors un des grands symboles des révolutions européennes et de fait souvent interdit.


Toutefois, pour le 59e anniversaire du roi, on autorise la représentation au théâtre de la Monnaie de Bruxelles. La foule échauffée par l’œuvre, applaudit le spectacle et hurle des « Vive la liberté », investit la place de la Monnaie et se dirige vers les principaux lieux orangistes de la ville. L’hôtel du ministre de la justice est pillé, les palais du roi et du prince d’Orange sont assiégés.


Automne 1830 : un vent de liberté souffle sur la Belgique


Durant le mois de septembre, les provinces belges défient ouvertement le gouvernement de Guillaume 1er , relayées par une presse qui suggère une séparation administrative de la Belgique et des Pays-Bas. L’armée royale entre dans Bruxelles, les barricades se forment, l’insurrection s’emballe. Liège, Anvers, Gand, Charleroi se soulèvent …


Afin de garantir l’ordre de manière autonome, une garde nationale est créée sous la direction d’Emmanuel Van der Linden d’Hooghvorst. Il est d’ailleurs cocasse de remarquer que les premiers drapeaux utilisés durant ces révoltes étaient des drapeaux français, alors même que la possibilité d’un rattachement à la France est sérieusement envisagé.


Guillaume 1er hésite, ses fils le conseillent mal. C’est un roi moderne qui sent bien qu’il ne peut se contenter d’écraser les insurgés mais ne peut non plus se résoudre à leur donner satisfaction.


Fin septembre, une « commission provisoire » s’installe à Bruxelles réunissant Van der Linden, Jolly, Rogier ….  et le 29, le principe d’une séparation administrative est accepté. Le pays n’en est toutefois plus là : l’indépendance est dorénavant dans toutes les têtes.


Le 4 octobre 1830 : le nouveau gouvernement provisoire proclame l’indépendance de la Belgique. Le prince d’Orange est pressenti pour la couronne, ce qui avait l’avantage de maintenir une union symbolique entre les deux Etats.


La reconnaissance internationale


En Janvier 1831, les troupes hollandaises ayant évacué les provinces belges, un congrès européen à Londres reconnait l’indépendance de la Belgique. La couronne est alors proposée au fils de Louis-Philippe, le duc de Nemours. Pour les Anglais, cela revenait à attacher la Belgique si stratégique à une France qu’on soupçonne de ne pas avoir renoncé à ses ambitions hégémoniques. Sous la pression, Louis-Philippe presse son fils de ne pas accepter.


La couronne sera finalement donnée à Leopold de Saxe-Cobourg-Gotha, prince anglo-allemand adoubé par l’Angleterre et la Prusse.


Guillaume Ier n’accepte pas la partition ; il lance ses armées à la reconquête de la Belgique en août 1831, mais la résistance locale, aidée d’une armée française en marche vers la Hollande, convainquent le roi de Hollande de retirer ses troupes.


La Hollande ne reconnaîtra finalement l’indépendance qu’en 1839.