Miscellanées présidentielles


L’élection du 46e président des États-Unis nous donne l’occasion de revenir sur ses prédécesseurs ayant écrit une histoire haute en couleur. Executive Mansion, le nom officiel de la Maison-Blanche qui n’adopta cette appellation qu’en 1902, fourmille en effet de fortes personnalités, d’hôtes singuliers et de rebondissements qui n’ont d’ailleurs jamais cessé d’inspirer la littérature et le 7e Art.


Construite sur le modèle de la demeure du duc de Leinster à Dublin, la Maison-Blanche est inaugurée en 1800 pour accueillir le 2e président, John Adams. Son prédécesseur, George Washington reste très attaché à sa propriété de Mount-Vernon, à l’embouchure du Potomac, où il passe le plus de temps possible avec ses chevaux, chiens de meute, moutons et bovins. Appliquant la suggestion d’Harry Truman, « Si vous voulez un ami à Washington, offrez-vous un chien », les présidents s’entourent volontiers d’animaux. La ménagerie de Theodore Roosevelt demeure dans les annales avec rat, truie, lézard, serpent… Fala, le scottish terrier de son cousin, Franklin Roosevelt, est même immortalisé à Washington aux côtés de la statue de son maître. Pauline Wayne, la vache de William Taft, n’a pas eu de tels honneurs, malgré le lait quotidien procuré durant tout le mandat présidentiel, de 1909 à 1913.



Entré en vigueur en 1951, le 22e amendement constitutionnel interdit de briguer un 3e mandat. Une mesure sage au regard des chiffres : présidents assassinés (Lincoln, Garfield, McKinley et Kennedy notamment), attentats manqués (Roosevelt, Truman, Ford, Reagan) et, dans un registre moins dramatique, la pleurésie de William Henry Harrison due à un discours d’entrée en fonction prononcé en 1841, à l’extérieur, tête nue.


Largement codifié, l’Inauguration Day, ou jour d’investiture, représente un exercice de haute voltige. Depuis l’allocution de Calvin Coolidge, en 1923, la première retransmise à la radio, les enjeux ont grimpé. Certes, nombreux ont été à bonne école, en l’occurrence la Ivy League et ses huit prestigieuses universités, telles que Harvard (Adams, Roosevelt et Obama), Princeton (Cleveland et Wilson) ou encore Yale (Bush père et fils, Clinton). Là encore, les chiffres sont éloquents : 300 000 personnes assistaient au discours de George W. Bush le 20 janvier 1989, 2 millions se pressaient sur le National Mall vingt ans plus tard pour l’investiture de Barack Obama, regardée par 37,7 millions de téléspectateurs.


Une broutille comparée aux 3 milliards réunis pour le dernier mariage royal britannique, mais l’enjeu romantique est moindre...


Gabrielle de Montmorin


 



Photo : Statue de Franklin Roosevelt au Franklin Delano Roosevelt Memorial de Washington © Stefan Fussan, Wikimedia Commons. 
Immortalisé avec son maître, le 32e président des États-Unis, Franklin Roosevelt, le scottish terrier Fala recevait un tel courrier qu’une secrétaire fut engagée pour y répondre.