Les reliques de Marie-Antoinette

Plus de 200 ans après sa mort, la reine Marie-Antoinette reste dans tous les esprits. Alors qu’une série lui sera bientôt consacrée sur nos petits écrans, ce sont ses bracelets en diamants qui seront vendus le 9 novembre prochain à Genève. L’occasion de se pencher sur un phénomène : le moindre objet lui ayant appartenu est devenu une relique et participe à la dévotion qui l’entoure.

La reine Marie-Antoinette a été guillotinée le 16 octobre 1793 après un procès inique dont le temps n’est pas parvenu à effacer l’horreur. Celle qui avait été traitée avec mépris d’Autrichienne par la cour, car l’on pensait qu’elle était totalement dévolue à la politique menée par son frère Joseph II, endossa pourtant son rôle de Reine de France. Son martyr et son courage, balayant sa frivolité, l’ont élevée sur un autel sur lequel elle ne cesse de recevoir des hommages depuis plus de deux siècles. Le moindre objet lui ayant appartenu est considéré comme une relique. Depuis quelques années, outre les meubles réalisés pour ses appartements, les bustes et portraits, des morceaux de dentelle, un éventail, un coffre, un fichu et des souliers sont passés sous le marteau des commissaires-priseurs pour la plus grande joie des collectionneurs. Collectionneur n’est peut-être pas le terme exact qui leur convient. Nous oserions les qualifier d’adeptes.

Désormais nous sommes aux aguets. Chaque souvenir fait revivre Marie-Antoinette. Il y a quelques mois resurgissait son pendentif en diamants orné d’une imposante perle naturelle. Et voici deux bracelets composés de 112 diamants de taille ancienne, allant à peu près d’un carat pour les plus petits jusqu’à plus de quatre carats, répartis pour chacun sur trois rangées. Ces bijoux ont été commandés auprès du bijoutier Charles Auguste Boehmer à Paris en 1776 et seront bientôt présentés à l’occasion d’une vente aux enchères à Genève. Parvenus entre les mains de Madame Royale, ils ont été légués à sa nièce la duchesse de Parme. Quel sort réserver aujourd’hui à ce fragment d’histoire ? La vitrine d’un musée ou un poignet délicat ?

Cet intérêt autant affectif qu’historique rappelle une anecdote, apocryphe bien sûr, racontée par Michel de Saint-Pierre dans l’un de ses romans. Des visiteurs dans une propriété se mettaient à genoux devant une vitrine où était exposée la tasse dans laquelle Marie-Antoinette avait bu pour la dernière fois. Cette tasse a été démultipliée depuis lors, mais la force de la relique l’emporte sur la raison.

Photo : E. Vigée Le Brun, Portrait de Marie-Antoinette © Flickr

 

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