À chaque siècle, son jardin

Les parcs des plus grands châteaux français témoignent du rapport entre l’homme et la nature depuis des siècles. Les rois et les princes de France ont fait appel aux meilleurs jardiniers de leur temps, véritables architectes paysagistes. Le château de Chantilly n’échappe pas à la règle et offre un panorama exceptionnel de l’art du jardin occidental.

Le parc... On aimerait y flâner pendant des heures et s’y perdre. Doté d’une superficie de 115 hectares, il réunit plusieurs époques de création : le jardin à la française dessiné au XVIIe siècle, le jardin anglo-chinois à la fin du XVIIIe siècle et le jardin anglais au début du XIXe siècle.

Pour qui arrive sur le grand parterre à la française, la vision est saisissante. D’élégantes arabesques se dessinent sur la pelouse, serpentant autour de « miroirs » aquatiques qui reflètent le bleu du ciel. À regarder cette parfaite harmonie géométrique, on comprend pourquoi le jardinier virtuose de la perspective, André Le Nôtre, était fier de sa réalisation. De tous les jardins qu’il a créés, Chantilly était son préféré. Et de fait, il s’agit bien là du triomphe de l’ordre sur le désordre, de la culture sur la nature sauvage, du réfléchi sur le spontané.

En opposition aux perspectives classiques du Grand Canal, le jardin « à l’anglaise » est composé de vastes prairies de fauches aménagées de chemins et de cours d’eau. Dessiné sous la Restauration par l’architecte Victor Dubois, il se veut avant tout paysage et peinture. Loin de vouloir contrôler la nature, l’idée est plutôt de l’imiter et d’en jouir. Au détour des chemins, des fabriques romantiques. Ici l’île d’Amour. Là le Temple de Vénus. Des noms qui portent à la rêverie et voilà que l’on se prend à méditer.

Mais pour qui veut pousser plus loin encore le dépaysement, c’est sans doute une promenade dans le jardin anglo-chinois qui parachèvera le ravissement. Dessiné en 1773 par Jean-François Leroy, il témoigne du goût pour la Chine en vogue au siècle des Lumières. Ouvrant le regard sur une végétation dense et de petites structures décoratives, il abrite un hameau de cinq maisonnettes (sept à l’origine), qui inspirèrent Marie-Antoinette dans la réalisation du Petit Trianon à Versailles.

Alors... amateur d’ordre ou de nature sauvage ? Qu’importe... Laissez-vous porter par une grisante sensation d’apesanteur, comme si l’on s’affranchissait des contingences pour s’incarner dans un monde de feuilles, de sève et d’écorce.

 

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