À la Toussaint, sonnez la Trompe de chasse

Alors que sera fêtée dans quelques jours la Saint-Hubert, les sonneurs célèbreront également le premier anniversaire de l’inscription de la trompe de chasse au patrimoine immatériel de l’Unesco. Coup de projecteur sur cet instrument à vent méconnu.

Comment ne pas songer au mythique olifant de Roland, au temps de Charlemagne ? Corne, cor, huchet, graile, araine… furent autant d’ancêtres de la trompe de chasse au Moyen Âge. Voilà qui nourrit l’imaginaire… Il faut ensuite attendre le XVIe siècle, avec les développements de la métallurgie, pour que soient techniquement possibles des fabrications de plus grande longueur et d’une tessiture plus importante.

Sous l’Ancien Régime, les plus grands compositeurs parsemèrent leurs partitions de pièces pour trompe afin de magnifier les divertissements royaux. Témoignage des fastes de la cour des Bourbons, la pratique de l’instrument fut reprise dans toutes les cours princières d’Europe. Après la Révolution, c’est son utilisation lors des chasses à courre qui la sauva et c’est alors le ton de vénerie qui s’imposa avec les « tayauts », hourvaris et vibratos…

De nos jours, quelques notes de trompe et c’est tout un folklore qui s’offre à nos oreilles. Grâce à la Fondation pour le rayonnement de la trompe musicale, elle brille dans les hauts lieux patrimoniaux : hôtel des Invalides, Arc de triomphe, palais de la Légion d’honneur, Palais-Royal, Chapelle expiatoire, châteaux de Versailles et de Malmaison, basilique de Montmartre, hôtel de Guénégaud… Le Débuché de Paris, le Rallye atlantique, les Échos de la jeunesse, le Rallye trompes des Vosges, le Quatuor royal Dampierre, pour ne citer qu’eux, s’y produisent pour des manifestations nationales.

Des compositeurs œuvrent toujours pour offrir des pièces musicales pour trompe, tels Sylvain Oudot, Christian Conte, Nicolas Dromer ou encore Olivier d’Ormesson, Thierry Escaich, Philippe Hersant, Lionel Sow, Henri Chalet… De nouvelles générations se préparent à prendre la relève et, si la transmission demeure surtout orale, l’apprentissage de l’instrument tend à se professionnaliser. Des cours sont professés en conservatoires, des méthodes publiées, des écoles créées et reconnues par les instances ministérielles.

Vous l’aurez compris, la trompe est en fête et sonnera joyeusement mercredi 3 novembre en hommage à saint Hubert.

 

Photo : Commémoration du centenaire de la consécration du Sacré Cœur de Montmartre en 2020 © Bérangère Lomont, FRTM

 

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