Château d’Urtubie, la sentinelle du Pays Basque

À la fois maison de famille, monument ouvert à la visite et hôtel de charme, il dresse sa silhouette atypique à deux pas de Saint-Jean de Luz. Le château de Laurent et Odile de Coral recèle six siècles d’Histoire et le secret d’une lutte familiale digne des Montaigu et des Capulet.

À la proue d’un domaine de six hectares, sur la côte basque, Urtubie surveille la route de l’Espagne. Construit en 1341 par Martin de Tartas, avec l’aval d’Edouard III, roi d’Angleterre et duc d’Aquitaine, le château n’est d’abord qu’un donjon, encadré de quatre échauguettes. Après la fin de la guerre de Cent Ans, en 1463, Louis XI séjourne quelques jours sur le domaine pour rencontrer Henri IV de Castille. Il pratique le jeu de paume avec Jean de Montréal, son hôte par la grâce de son mariage avec Marie d’Urtubie, et l’invite à la cour. Jean y passera trente ans.

Déjà mère de deux enfants, lasse d’attendre en vain, Marie épouse en secondes noces un gentilhomme navarrais, Rodrigo d’Alzaté, à qui elle donne aussi descendance. La voilà bigame. Rodrigo décède à point, permettant à Jean, revenu de la cour, de réclamer sa femme et son château. Marie refuse. Quand Jean obtient gain de cause devant le parlement de Bordeaux, elle met le feu à Urtubie plutôt que de se rendre. Débute alors une nouvelle guerre de Cent Ans… entre Montréal et Alzaté, semées de coups de force, de recours et d’intervention royale. En 1574, enfin, Aimée de Montréal épouse Jean d’Alzaté, mettant un terme à la rivalité des deux familles.

En 1654, Salvat d’Urtubie fait ériger sa seigneurie en vicomté. Au château, agrandi et rénové au siècle précédent, il ajoute une chapelle bâtie sur les anciennes fortifications. Lors du mariage de Louis XIV avec l’infante d’Espagne, à Saint-Jean-de-Luz, Salvat aurait reçu de Mazarin la collection de tapisseries de Bruxelles, qui orne toujours les murs d’Urtubie. Sept pièces du XVIe siècle représentant les épouses du roi David et David jeune avec Saül.

Au XVIIIe siècle s’éteint la lignée mâle des Alzaté d’Urtubie. Le château passe par les femmes. À l’orée du XXe siècle, il est ainsi transmis à Paul de Coral, issu d’une ancienne lignée limousine. Depuis 1996, Laurent de Coral est la quatrième génération du nom à veiller sur Urtubie. Avec son épouse, Odile, il s’attache à faire vivre le domaine qui accueille aujourd’hui un hôtel. Les siècles passent, Urtubie demeure. Avec son charme à nul autre pareil.

 © Château d'Urtubie

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