En garde !

En escrime, le combat est un dialogue ; l’assaut, une phrase d’armes. Cette discipline compte de nombreuses expressions que l’on manie quotidiennement sans même en connaître l’origine. Nous vous convions à un assaut imaginaire réunissant quelques-unes de ces fameuses formules. Dans cette joute, qui aura le dernier mot ? 


Jeux Olympiques, Los Angeles, 1991 © Unsplash

 

Vous fourbissez votre arme, bras armé, prêt à croiser le fer dans un duel qui a tout l’air d’une affaire sérieuse. Vous relevez le gant et vous vous tenez sur vos gardes. On dit de vous que vous êtes un bretteur. Mieux, une fine lame. 

 

Le regard acéré, vous dégainez. Vous vous tenez de pied ferme. Vous comptez bien avoir le dessus des armes et ne pas passer l’arme à gauche. Votre doigté vous permet de répondre du tac au tac et de placer quelques bottes joliment menées. Tandis que votre adversaire s’enferre, s’escrimant à exécuter des actions qui ne sont que des coups d’épée dans l’eau, vous le traitez, en vous-même, de sabre de bois. Il ne risque pas de vous embrocher. Ne baissez pas pour autant votre garde ! 

 

Quand, soudain, un retour au temps précédent s'impose et vous laissez s’échapper « au temps pour moi ! » Vous vous faites blanc de votre épée. Vous enchaînez coups fourrés, coups de Jarnac et coups d’arrêt. Méfiez-vous néanmoins d’une épée à double tranchant ! Votre adversaire sent comme une épée de Damoclès. Il a l’épée sur la gorge… Ou bien est-ce vous, pressé d’en finir ? Chevaleresque, vous décidez de tirer à fleuret moucheté.

 

Pour parfaire votre culture :

 

Affaire sérieuse : Terme employé lors d’un duel et inventé par les maîtres d’armes du XVIIIe siècle pour désigner ce déplacement de l’escrime hors des salles d’armes.

À fleurets mouchetés : Ménager l’adversaire sans intention de le blesser.

Au temps pour moi : Revenir à la position précédente en vue de recommencer le mouvement.

Avoir le dessus des armes : Prendre le dessus.

Avoir l’épée sur la gorge : Être saisi et menacé d’être tué. Au figuré : être vivement pressé.

Baisser sa garde : Se rendre vulnérable.

Botte : Initiative destinée à mettre un adversaire en difficulté.

Bras armé : Homme chargé de faire respecter la loi par la force.

Bretteur : Celui qui se bat souvent, qui aime ferrailler.

Coup d’arrêt : Coup de pointe stoppant l’adversaire.

Coup fourré : Autrefois, coup technique exécuté avec l’épée.

Coup de Jarnac : Coup parfaitement régulier, mais passé dans le langage courant comme un coup fourré.

Coups d’épée dans l’eau : Action dépourvue d’effet.

Croiser le fer : Défier quelqu’un.

Dégainer : Tirer l’épée du fourreau.

De pied ferme : Allusion à un bretteur qui se tient en garde sans reculer.

Doigté : Qualité permettant de doser les contractions et les relâchements des doigts sur la poignée de
l’arme et de manier celle-ci avec plus d’agilité et de vitesse.

Duel : Combat entre deux personnes.

Embrocher : Percer le corps de son adversaire avec le fer de son arme.

Fourbir ses armes : Se préparer.

Le regard acéré : Expression vive, comme produite par une lame à la pointe acérée.

Passer l’arme à gauche : Mourir.

Relever le gant : Accepter le défi.

Répondre du tac au tac : Répondre à une attaque en parant et ripostant immédiatement.

Sabre de bois : Personne non dangereuse.

Se faire blanc de son épée : Se couvrir de son épée par des mouvements rapides. Au figuré : se
prévaloir d’un pouvoir ou d’un crédit que l’on n’a pas.

S’enferrer : S’embourber.

S’escrimer : S’évertuer à.

Se tenir sur ses gardes : Être prêt à combattre.

Un bretteur : Celui qui se bat souvent, qui aime ferrailler.

Une fine lame : Un expert.

 

 

Suivez toute l’actualité du Bottin Mondain

Veuillez activer le javascript sur cette page pour pouvoir valider le formulaire



©Société du Bottin Mondain • 1 bis, rue Collange 92300 Levallois Perret • 01.41.27.13.13