Balenciaga : le couturier des aristocrates

Dans le panthéon mondial de la haute couture, Cristóbal Balenciaga tient la première place. Fuyant mondanités et honneurs, celui qu’Yves Saint-Laurent tenait pour « le plus grand », disparaissait il y a cinquante ans, le 23 mars 1972.

 

Affiche Balenciaga © Flickr

 

De San Sébastian, au Pays basque espagnol, une route côtière, à flanc de corniche, conduit les visiteurs au petit village de pêcheurs de Guetaria (Gétaria en langue basque). Le village fortifié, avec ses ruelles étroites où sèche le linge en façade, a vu naître en 1895 Cristóbal Balenciaga. Fils d’une couturière modeste, il fut un jour ébloui par la robe que portait une cliente de sa mère, la marquise de Casa Torres. Avec le culot d’un enfant, qui se sent appelé par un indéchiffrable destin, Cristóbal demande à la fière aristocrate du tissu pour la reproduire. Celle-ci s’exécute. Le résultat la bluffe, car Cristóbal n’a que 11 ans. Ce jour-là, dont la postérité n’a pas conservé la date exacte, Balenciaga est né.


Le Palais Aldamar, ancienne maison de la marquise à Guétaria, existe toujours. Il est intégré au fabuleux musée Balenciaga, bâtiment contemporain de verre et de béton, inauguré en 2011 par la reine Sophie et Hubert de Givenchy. On y présente plus de 2 500 pièces dont l’essentiel provient d’anciennes clientes, comme Mona Bismarck, la duchesse de Windsor, Paola de Belgique ou Grace Kelly, qu’il emballa dans de somptueuses compositions. Les tombées, les nœuds et les plis soulignent des silhouettes de légende dans un classicisme absolu, échappant à tous les courants et à toutes les modes. Dans le sillage de la marquise de Casa Torres, qui devint vite son pygmalion, il ouvre sa première boutique à San-Sébastian, alors résidence d’été de la famille royale espagnole. Il n’a pas vingt ans qu’il habille bientôt la reine Victoria Eugenia et la reine mère María Cristina. Dans le sillage royal, l’aristocratie espagnole le conquiert.


Le reste est bien connu. Fuyant la guerre d’Espagne, il s’installe à Paris et devient « notre maître à tous », l’expression est de Christian Dior. Pieux, réservé, il mène une existence presque monacale et secrète. Il refuse les interviews « par l’impossibilité absolue d’expliquer mon métier », réserve des défilés silencieux à quelques rares personnes et ne se fait que très rarement photographier. Son travail est son seul luxe. Balenciaga se retire à la fin de sa vie à San-Sebastian, dans une villa qu’il occupe jusqu’à sa mort, survenue à Alicante en 1972.

 

 

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