La vie quotidienne à l’Élysée

À l’occasion de la prochaine élection présidentielle, nous nous sommes intéressés à la vie élyséenne des vingt-cinq présidents de la République qui, depuis 1848, se sont succédé rue du Faubourg-Saint-Honoré.

Service Bleu Élysée, AFP © Flickr

 

La vie quotidienne à l’Élysée a toujours été dominée depuis cent soixante-quatorze-ans par l’idée d’y représenter le meilleur de la France. Patrice de Mac Mahon, élu en 1873, s’aperçut que l’Élysée ne disposait pas de service de table pour recevoir et, comme aucun crédit n’était prévu, il s’acquitta sur ses deniers personnels de l’achat des assiettes.

 

Félix Faure, élu en 1895, dîne toujours en habit, fait graver son chiffre sur les menus, monte à cheval chaque matin au bois de Boulogne et paraît aux chasses de Rambouillet dans un élégant costume de tweed. « Le président soleil », ainsi surnommé pour son amour du solennel, tente même de créer un uniforme présidentiel, habit de satin bleu broché d’or, épée à poignée de nacre… ce que lui refuse, effaré, le conseil des ministres.

 

Rien de tout cela avec le général de Gaulle, qui malgré sa dimension historique, instaura à l’Élysée une rigueur toute militaire. Le Président sort peu, dîne tôt, regarde chaque soir le journal télévisé et paie de sa poche l’électricité des appartements privés. Le dimanche, s’il ne se rend pas à Colombey, un neveu prêtre vient dire la messe dans une petite chapelle qu’on aménage au palais. Quant aux dîners officiels, s’ils sont trop longs, le général ne fait tout simplement pas servir le fromage.

 

Valéry Giscard d’Estaing supprime les aides de camp, attachés à la personne du Président, remplace le shako des gardes républicains par un képi, ralentit la Marseillaise et impose le complet veston. Exit la jaquette. Pour autant, à table, à la différence de ses deux prédécesseurs, il se fait servir le premier, même en présence de Margaret Thatcher, un rien exaspérée.

 

Le souci de la primauté de la fonction marquera davantage encore les années Mitterrand. Quand le président socialiste quitte le palais, on rapporte son étendard, le drapeau tricolore orné d’un chêne sur le toit du palais. Les trois présidents suivants, Nicolas Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron appartiennent tous trois à la génération de l’après-guerre, plus attachée au pouvoir que donne la fonction qu’aux fastes, un rien monarchique, qu’aucun des trois ne recherchera vraiment. Seule fantaisie, Emmanuel Macron commande à la manufacture de Sèvres le service Bleu Élysée. Mille deux cents pièces de porcelaine. Une dépense qui ne sera plus à faire…

 

 

 

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