De sacrées premières dames !

À l’occasion de la prochaine élection présidentielle, nous nous sommes intéressés à la vie élyséenne des vingt-cinq présidents de la République qui, depuis 1848, se sont succédé rue du Faubourg-Saint-Honoré.

 

 Germaine Coty au côté de la reine Élisabeth II © Flickr.

 

La fonction de première dame n’existe pas, mais elle s’impose de fait. Louis-Napoléon fut le seul à entrer célibataire à l’Élysée. L’épouse de son second successeur, Patrice de Mac Mahon, née Élisabeth de Castries, ne cache pas sa sympathie pour les idées royalistes du comte de Chambord et ne fait aucun effort pour apparaître aimable dans les réceptions, vis-à-vis de ceux qui affichent des opinions trop républicaines.

Celles qui lui succèdent, sous la Troisième et Quatrième République, issues souvent de milieux plus modestes, n’en manquent parfois pas une. Madame Loubet, fille de quincaillier, à Édouard VII, le roi d'Angleterre, désignant son fils qui l’accompagne (le futur Georges V) : « Et ce grand garçon, qu’est-ce que vous allez en faire ? » Quelques années plus tard, ce même souverain, qui décidément n’a pas de chance, se trouve assis à côté de madame Fallières, lors d’un dîner officiel à l’Élysée, quand elle repasse un plat avec insistance : « Prenez sire, ils ont tout ce qu’il faut à la cuisine ». La malheureuse s’était déjà fait remarquer en accueillant un autre souverain sur le perron du palais quand elle lâche en regardant son mari « Enfin, fais entrer monsieur au salon ! »

 La vie officielle pèse dans l’existence de Germaine Coty. L’épouse du dernier président de la Quatrième République est corpulente et semble négligée, timide et gauche. Ce que ne lui pardonne pas la presse, qui la surnomme vite « madame sans gaine ». Mais sa bienveillance et sa bonhomie finissent par la rendre si populaire que, cas unique, lorsqu’elle meurt d’une crise cardiaque durant le mandat de son mari, en 1955, l’Assemblée nationale lui rend officiellement hommage en séance et le gouvernement demande qu’on lui réserve des obsèques nationales. Célébrées en grande pompe à La Madeleine, en présence d’une foule considérable, elles coûteront une fortune au président René Coty qui s’était proposé d’en assumer la totalité des frais. 

Yvonne de Gaulle, effacée et discrète, connaîtra une même popularité dans le cœur des Français, malgré une certaine froideur. Lorsque « Tante Yvonne » faisait ses courses chez Fauchon, rejetant les privilèges de sa position, elle demandait à son chauffeur de tourner autour de la Madeleine pour éviter de gêner la circulation, en se garant en double file. Une autre époque !

 

 

 

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