L’art de recevoir à l’Élysée

À l’occasion de la prochaine élection présidentielle, nous nous sommes intéressés à la vie élyséenne des vingt-cinq présidents de la République qui, depuis 1848, se sont succédé rue du Faubourg-Saint-Honoré.

 

E. Dubufe, Portrait de la princesse Mathilde (1820-1904), 1861 © Wk

 

La première réception que donne notre premier Président, Louis-Napoléon Bonaparte, le 23 décembre 1848, a pour hôtesse sa cousine germaine, la princesse Mathilde, qui joue les premières dames. Célibat du président oblige. Bals ou soirées tous les lundis. Suisses à hallebarde à l’entrée des antichambres, valets dans l’ancienne livrée impériale et pour couronner le tout, on appelle le premier hôte républicain du palais, « Monseigneur » ou « Altesse ».

Changement de décor sous la présidence d’Adolphe Thiers, après la chute du Second Empire, dont les buffets maigrichons, sandwichs mal beurrés, gâteaux secs et sirop de groseille, font pâle figure. Madame Thiers, froide et compassée, ajoute à l’ennui des réceptions. Jules Grévy, très économe, reçoit peu et mal : becs de gaz éteints à 22h pour hâter le départ des invités. Sadi Carnot est le premier président à utiliser la nouvelle salle des Fêtes pour recevoir. Il institue l’arbre de Noël de l’Élysée.

 Félix Faure offre sept grands dîners ainsi que deux bals, pour lesquels sont lancées 7 000 invitations. Il se fait servir le premier à table, selon l’ancien usage à la cour de France et fait appel à Potel et Chabot pour recevoir Nicolas II en 1896. Les Fallières, plus près de « leurs » sous, donnent des réceptions le jeudi dans l’espoir que, mordant sur le vendredi (jour du poisson), les invités ne mangeront pas trop de viande ! Quant à Albert Lebrun, il aime terminer les dîners par des tours de magie que donne, tant qu’à faire, un inspecteur de police…

 Il faudra attendre Vincent Auriol pour renouer avec le faste républicain. Trois grandes soirées sont données en l’honneur du corps diplomatique, des parlementaires et des grands corps de l’État, réunissant jusqu’à 3 000 personnes. Des nappes brodées d’or font leur apparition dans la salle des Fêtes (madame de Gaulle ne les utilisera que très rarement du fait du coût élevé du nettoyage). Il pérennise la réception du 14 juillet. Enfin, sous René Coty, sont invitées pour la première fois à l’Élysée des vedettes de l’écran comme Martine Carol. Des « people » qui depuis n’ont jamais cessé de prendre le chemin de l’Élysée…

 

 

 

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