Voulez-vous une tasse de thé ?

Le rituel du thé… celui-là même qui donne l’occasion de sortir du buffet jolies tasses et plateau à trois étages. Penchons-nous sur cette plante, cousine des Camélias, qui a contribué à l’élaboration de l’art de vivre de l’Orient à l’Occident.

 

Downton Abbey, Tea time © Flickr

 

Il est 17 h, vos invités arrivent. Vous leur avez proposé une tasse de thé, a nice cup of tea, comme disent nos voisins d’outre-Manche. Le plateau est déjà préparé dans le salon. Les tasses ne sont pas empilées, mais reposent chacune sur leur soucoupe. Elles sont de porcelaine fine. On doit voir la lumière passer à travers.

Quelle variation proposer ? Thé noir, thé vert, Ceylan, Lapsang souchong ou, bien sûr, l’Earl Grey dont il faut toujours avoir un vrac de qualité chez soi. Dans vos gestes, vous répétez (in)consciemment ceux que tant d’autres ont reproduit avant vous. Et ce depuis que le précieux Camellia sinensis, ou « Camélia de Chine », a été apporté en Europe par les Hollandais au XVIIe siècle, avant d’être rapidement adopté par les Anglais.


Au XIXe siècle, ces derniers enverront le botaniste Robert Fortune en Asie pour qu’il développe la théiculture en Inde et brise le monopole chinois en acclimatant des semences et des plants de théier à Darjeeling. L’arbrisseau produit des fleurs blanches et jaunes délicatement parfumées. Après la cueillette, les feuilles sont séchées et serrées pour être oxydées par fermentation avant d’être enfermées dans de solides boîtes hermétiques, selon leurs variétés. Les Français lui préfèreront le café, mais adopteront la mode du thé surtout à partir du XIXe siècle. Devenu boisson « mondaine » par excellence, le thé sera alors aussi reconnu pour ses qualités médicinales : il facilite la digestion, calme les maux de tête, fortifie la raison, fait vivre centenaire !

Il existe plusieurs façons de le servir. La plus classique étant de faire frémir une eau peu minéralisée. Ébouillantez la théière et les tasses pour les échauffer. Ajoutez une cuillère à café de feuilles sèches par personne, et une pour la théière (one for the teapot), dans un filtre ou une passoire à thé. Versez l’eau frémissante afin que le thé exhale son parfum et sa couleur sous peine de n’avoir qu’un bouquet tiède et terne. Laissez infuser le temps que le thé communique à l’eau sa vertu et que les feuilles se dilatent (3 à 5 minutes selon la variété). Puis, ôtez-les pour éviter l’amertume. Mélangez et servez de la main droite le divin breuvage avec délicatesse en vous rappelant les vers de Banville « Miss Ellen versez-moi le Thé* ». Proposez poliment un nuage de lait froid, du sucre (dans un sucrier), du citron en rondelles.

Bien sûr, il faut des soucoupes, des petites cuillères, des serviettes carrées, des biscuits. Vous reconstituez ce rituel élégant peaufiné par des siècles de raffinement et de sociabilité à partir d’un simple camélia de la famille des Théacées. Et vous en discuterez avec les puristes, qui savent toujours mieux que vous l’art mystérieux de bien servir le thé sans jamais lever le petit doigt.

 

*Théodore de Banville (1823-1891), Le Thé.

 

 

 

 

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