Les élégances du prix de Diane

Question chic, c’est le Royal Ascot français. À Chantilly, le temps d’une après-midi, les belles arborent leurs chapeaux les plus fous tandis que, sur la piste, les jockeys rêvent d’inscrire leur nom dans l’histoire d’un prix né en 1843, avec l’appui des fils de Louis-Philippe.

 

Prix de Diane Longines © Scoopdyga 

 

Tout commence à cheval. Plus exactement au gré d’une chasse à courre en forêt de Chantilly, vers 1832. Henry Seymour, célèbre dandy et fondateur du Jockey Club, arrive en vue des Grandes Écuries des Condés, sur ce domaine désormais propriété du petit prince Henri d’Orléans, duc d’Aumale, âgé de dix ans. Lord Seymour voit dans cette plaine le site idéal pour un hippodrome enfin digne de ce qui se fait en Angleterre. À Paris, les courses se donnent au Champ-de-Mars, trop exigu.

Le 16 mars 1834 est créé le cercle d’encouragement des courses dont sont membres d’honneur le duc d’Orléans et le duc de Nemours, les deux fils, aînés cette fois, du roi Louis-Philippe. Et en mai se tiennent les premières courses sur le gazon du tout nouvel hippodrome de Chantilly. Il faudra encore attendre neuf ans, le jeudi 18 mai 1843, pour que naisse le prix de Diane, réservé aux pouliches. Le nom en viendrait d’une statue de la divine chasseresse, située justement dans la forêt avoisinante. À moins qu’il ne s’agisse d’un clin d’œil aux circonstances d’où surgit l’idée de créer là un hippodrome.

 Une chose est sûre, l’édition inaugurale du fameux prix est remportée par Nativa, dont le propriétaire est le prince de Beauvau. L’événement n’attire que peu d’amateurs. On compte d’ailleurs à peine trois représentantes du beau sexe au bord du terrain. Dont Mlle Ozy, actrice aux Variétés. Installée dans sa calèche, elle voit ses chevaux s’emballer au passage de la course et manque mourir dans l’aventure. L’histoire ne dit pas si elle en a perdu son chapeau. En revanche, au fur et à mesure que le prix de Diane trouve ses marques, les élégantes affluent.

 Et la tradition s’installe de leur rendre hommage. Inspirée du Ladies’ Day de la semaine royale d’Ascot. D’ailleurs, Élisabeth II participe de la légende du prix de Diane, non pas grâce à ses chapeaux, mais depuis la victoire de sa pouliche Highclere, en 1974. Le samedi 14 juin 1986, c’est la princesse Anne qui est l’invitée d’honneur à Chantilly, pour une édition placée sous le signe de l’Écosse. Elle y déjeune auprès de Karim Aga Khan, le propriétaire le plus titré du prix de Diane, avec sept victoires.

Quant aux gagnantes du concours d’élégance, aujourd’hui baptisé Mademoiselle Diane, impensable d’en distinguer une sans s’attirer les foudres des autres participantes. Année après année, entre émotions de la course et luxueux pique-nique sur l’herbe, elles illuminent une journée qui, sans leur chapeau et leur sourire, perdrait beaucoup de son éclat.

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