Le prince Philip, chef de famille

Réédition du billet initialement publié le 16 avril 2021.

Il restera bien sûr son altesse royale le prince Philip, duc d’Édimbourg, mari d’Elisabeth II, « ma force et mon ancrage », comme elle l’a confié au moment de leurs noces d’or, son plus intime soutien et conseiller. Mais il était également chef de famille comme la reine est chef d’État. Avec un poids et une aura que peu imaginent.

 

 

Pour ses fils, cet homme né prince de Grèce et de Danemark, qui a grandi dans l’exil en France, en Allemagne et finalement en Grande-Bretagne, était « my dear Papa », comme l’a dit le prince de Galles, le premier des siens à lui rendre hommage. Enfant nomade et solitaire, tôt confié à la tutelle de son oncle Louis Mountbatten, le prince Philip savait le prix d’une famille et a veillé tout particulièrement à l’éducation de ses quatre enfants, autant qu’il a voulu les endurcir et les rendre indépendants. Quitte à créer longtemps une incompréhension avec Charles, aussi sensible que son père, mais prompt à l’exprimer quand Philip s’en défendait. Lorsque le mariage de l’héritier du trône prend l’eau, c’est pourtant le duc d’Édimbourg qui écrit à Diana de nombreuses lettres, pleines de délicatesse, afin de lui offrir son aide et de l’aider à panser ses blessures. En vain.


Pour ses petits-enfants, « Granpa » est considéré à l’égal d’un dieu descendu de l’Olympe, mais alors un dieu plein d’humour, à l’œil qui frise. Il les invite à l’aventure, au dépassement, partage leurs enthousiasmes, leurs inquiétudes et se trouve toujours auprès d’eux à l’heure de l’épreuve. Ainsi, à la mort de Diana, le 31 août 1997, est-ce lui qui convainc William et Harry de suivre le cercueil de leur mère en procession, pendant les obsèques. En leur promettant, s’ils décident de le faire, de marcher auprès d’eux. Nul doute que l’un et l’autre s’en souviennent, le cœur serré, ce samedi 17 avril 2021, au moment de faire escorte à la dépouille de leur grand-père. Ils n’oublieront pas davantage sa force d’âme, comme ce 19 mai 2018 où il avait assisté, debout et sans canne, au mariage du duc et de la duchesse de Sussex, après avoir subi le remplacement d’une hanche six semaines auparavant. À près de quatre-vingt-dix-sept ans.


Servir la reine, la couronne et le royaume aura été l’honneur et la vie du prince Philip. Au confluent de tout cela, c’est lui qui, au fil de longues conversations, aura décidé le prince William, duc de Cambridge, à s’engager pleinement dans la vie officielle pour soutenir Elisabeth II et se préparer un jour à succéder à son père. Chef de famille, le duc d’Édimbourg a marqué de son empreinte deux générations de souverains britanniques. Sans oublier une troisième, avec le prince George. Lorsque les Cambridge séjournaient à Anmer Hall, sur le domaine de Sandringham, il venait souvent chercher son arrière-petit-fils, ces dernières années, pour l’emmener en promenade.
Carnet

 

Suivez toute l’actualité du Bottin Mondain

Veuillez activer le javascript sur cette page pour pouvoir valider le formulaire



©Société du Bottin Mondain • 1 bis, rue Collange 92300 Levallois Perret • 01.41.27.13.13