Dès que le printemps revient

La science devrait se pencher sur ce phénomène. Les vrais Parisiens le savent : dans la capitale, les premiers arbres à avoir des bourgeons sont les marronniers du cours Albert Ier. Ce signe ne trompe pas. Ensuite, toute la végétation les imite. Voilà le printemps. 

 

© Flickr.

Les branches se colorent de vert. Les cerisiers du Japon s’habillent en rose. On dirait de la barbe à papa. La nature enfile une chemise hawaïenne. Le printemps revient. C’est un adolescent effronté et joyeux. 

Une douce excitation flotte soudain dans l’air. Les jours rallongent ; les jupes raccourcissent. Une bonne odeur de terrasses monte aux narines. Dans les verres, le rosé repart au combat. Les glaçons fondent plus vite. Les week-ends se mettent sur leur trente-et-un. Les dames se désespèrent. Leurs maillots de l’an dernier ne leur vont plus. Ils ne sont plus du tout à la mode. Leurs maris cherchent un nouveau bermuda, promettent de commencer un régime. Les enfants redoutent un peu l’approche des examens. Ils se consolent en sortant beaucoup. 

Sur quoi dansera-t-on ce soir ? On attend le festival de Cannes. On guette Roland-Garros. Les piscines ont enlevé leur bâche de protection, comme une demoiselle ôte son pull-over. Les courts de tennis résonnent de ce bruit si reconnaissable des balles qu’on frappe.

Dehors, il faut planter. Il faut biner. Les hirondelles ont bien fait leur travail. Dans le ciel, elles se livrent à des concours de vitesse. Le printemps se la coule douce. Il a raison. À côté, les autres saisons ne valent rien. Il n’y a plus d’hiver. L’été est un gros rustaud avec ses températures infernales. L’automne est trop roux.  

Ça y est, le printemps est là. Enfin une bonne nouvelle.

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