À propos de la mode masculine » par A. de Fouquières

On n’a jamais autant écrit de manuels sur la toilette et de codes sur la civilité puérile et honnête que sous la Restauration. On avait alors besoin de mettre un peu d’ordre dans la vie sociale, au lendemain d’une époque glorieuse mais meurtrière. Il en fut ainsi après 1918 ; il en est de même aujourd’hui et cela légitime le désir que chacun a de se renseigner sur ce qui se fait ou ne se fait pas.
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On n’a jamais autant écrit de manuels sur la toilette et de codes sur la civilité puérile et honnête que sous la Restauration. On avait alors besoin de mettre un peu d’ordre dans la vie sociale, au lendemain d’une époque glorieuse mais meurtrière. Il en fut ainsi après 1918 ; il en est de même aujourd’hui et cela légitime le désir que chacun a de se renseigner sur ce qui se fait ou ne se fait pas.

Depuis que l’on ne porte plus écrit sur la broderie de son habit le rang et l’état qu’on tient dans le monde, il devient plus nécessaire de soigner sa toilette. Les hommes prennent enfin leur revanche.

Maintenons autant que possible nos traditions d’élégance qui ont souffert cruellement ces dernières années. Nous avons bien des atouts dans notre main : le goût, l’habileté, la qualité des tissus. Nos tailleurs ne sont-ils pas souvent, avec des moyens de fortune, des jongleurs des lignes et des couleurs ?
 

Les tissus sont aujourd’hui d’une prodigieuse diversité : toutes les variétés, toutes les combinaisons de gris, de beige, de bleu, sollicitent notre choix. Les couleurs claires sont, elles aussi, à l’ordre du jour. Elles manifestent de l’optimisme et de la bonne humeur.

Si le veston droit ou croisé demeure la tenue habituelle, l’habit et le smoking reprennent leur vogue d’autrefois, seuls s’harmonisant avec les toilettes féminines. Ils sont de mise dans une soirée, alors que, dans un gala, la Garde de Paris est en tenue de parade, sabre au clair. Certes, notre élégance doit s’adapter à notre vie moderne, à notre milieu, à l'ambiance du moment, au sport. Et vous, Messieurs, vous ne sauriez vous priver de saluer une femme qui passe en enlevant votre chapeau en signe de courtoisie.

Il y avait autrefois des maîtres « d’agréments » qui formaient les jeunes gens à l’art de plaire. La Cour donnait alors le ton, dont les arrêts avaient force de loi. Aujourd’hui, il appartient à des hommes de qualité et à des professionnels de la Grande Ecole de donner des directives qui auront chance d’être suivies si elles favorisent la ligne et la sveltesse corporelle.

Et ne nous imaginons pas, par un sot snobisme, qu'il soit nécessaire de traverser les mers pour avoir un vêtement bien coupé.
La mode masculine ! Sujet frivole, diront certains ; mais je gage que les grands artistes en l’art vestimentaire et les milliers d'artisans de la corporation ne partageront pas cet avis.
La mode et le commerce de luxe sont un des facteurs essentiels de notre rayonnement dans le monde. Pour conquérir, il faut plaire !